À chaque jour ses petits plaisirs honteux

Gens célèbres ou anonymes, nous avons tous nos PPH.
Qu'elle se situe à l'autre bout du monde ou sur notre palier,
l'actualité en fabrique à la chaîne et enrichit sans cesse notre Bréviaire.


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3 juillet 2010

Des PPH en prologue du Tour

Double petit plaisir honteux à quelques heures du départ de Tour de France.
1) PPH de Floyd Landis (vainqueur 2006, déchu après avoir été convaincu de dopage systématique) et qui avait déjà amplement "bavé" sur son compatriote Lance Armstrong, lui-même suspecté de longue date...
Dans une interview au Wall Street Journal, Landis plante de nouvelles banderilles (des seringues !) dans les fesses de son rival, cite des faits, des anecdotes parfois ahurissantes : il évoque des transfusions sanguines réalisées en 2004 dans un hôtel près de Limoges, avec des guetteurs postés à l'extérieur. Ou dans le bus de l'équipe US Postal sur une petite route de montagne isolée ! Etc... etc...
Ô le plaisir de déblatérer !

2) PPH du vénérable Wall Street Journal, qui profite de la Grande Boucle pour relancer la bagarre entre les deux coureurs... et qui y parvient. Armstrong a démenti les allégations de l'autre dans une formule lapidaire : "La crédibilité de Landis, c'est comme une brique de lait qui a tourné. On s'en rend compte dès la première gorgée."
Ô le plaisir d'attiser une querelle de famille !

Un beau prologue.


30 juin 2010

Huis clos et passe-muraille

Comment ça, vous ne connaissez pas le code du feu nucléaire ? Au train où vont les choses, ce sera bientôt un secret de polichinelle.
La première fortune de France espionnée par son majordome, l'équipe des Bleus victime d'un supposé "traître du vestiaire", le gouvernement miné par une prétendue "taupe" qui renseignerait la presse...  Ces temps-ci, aucune confidence ne tient plus de cinq minutes - ou bien  nous sommes tous devenus parano.
Aujourd'hui même, un député UMP de Haute-Savoie a avoué son PPH : pendant l'audition de Jean-Pierre Escalettes et Raymond Domenech, devant la commission des Affaires culturelles de l'Assemblée, Lionel Tardy s'est amusé à en "twitter" les meilleurs moments vers l'extérieur. A la 57ème minute, le petit rapporteur a tout de même été prié de cesser son petit jeu et le silence est retombé sur cette séance dite "à huis clos".

Déblatérer n'est plus un plaisir innocent réservé aux pipelettes. De l'influence de la technologie sur les PPH...



3 avril 2010

Les petits plaisirs honteux du clavardage

Des rumeurs, du buzz (pardon, du "ramdam", terme officiel), il en tombe à seaux, un peu comme la pluie en ce week end de Pâques. Déblatérer est tout de même plus confortable aujourd'hui devant son ordi (on "clavarde") plutôt qu'agenouillé au lavoir, à jouer les pipelettes avec les mères Denis du coin !
Ce petit plaisir honteux est quand même parfois dangereux. Jusqu'où peut-on aller trop loin ? Un imprudent qui avait posté, sur le site du JDD, une rumeur concernant le couple présidentiel se retrouve poursuivi par le journal !

Ces jours-ci, la mise en ligne du nouveau site de l'Elysée a fourni toute une gamme de PPH aux internautes facétieux : il suffisait de créer des adresses loufoques (comprenant, par exemple, "casse-toi-pauv-con") pour être redirigé sur sa page d'accueil... Cette faille et d'autres ont été rapidement réparées, mais trace a été conservée de l'une des plus drolatiques, un "bogue" charabiesque qu'on peut encore écouter ici (au bas de la page de France 24) bien qu'il ait maintenant disparu du site présidentiel.

Un so funny little plaisir honteux qui nous a givé bien du fun ! Et à vous ?

16 mars 2010

Rouvrez les lavoirs !

Au terme d’un teasing savamment orchestré, nous avons su pourquoi la Mère Denis, l’icône de la marque Vedette dans les années 70-80, était réapparue sur nos murs. Le marketing tirait les ficelles, of course.
Question : était-il indispensable de réveiller un symbole éteint depuis plus de vingt ans ? Qu’y a-t-il au fond de nous-mêmes pour expliquer cette espèce de régression collective téléguidée par la pub ? Un manque, une insupportable absence ?
En jouant sur nos racines profondes et les clichés qu'elles déclenchent dans notre inconscient, la nostalgie possède bien plus de pouvoir qu’un vendeur Darty. Il suffit de l'activer pour que les images incrustées dans nos tissus remontent à la surface... comme dans la pub !
Au temps de la Mère Denis, les hommes allaient au café, les femmes au lavoir, creuset de toutes les médisances, source intarissable de petits plaisirs honteux.
« L’eau arrive à laver beaucoup de choses, dit un proverbe serbo-croate, mais pas une mauvaise langue ».
Déblatérer ! C'est ça qu'on aimait. Le coup de battoir, la vacherie, la rigolade à bon compte. Le cancan est une matière inusable qui résiste indéfiniment aux lavages.
Hélas ! L'adduction d'eau en zone rurale et l’invention de la lessiveuse puis du lave-linge ont tout fichu par terre. Les lavoirs ont fermé. Puis les bistrots. Internet est arrivé ? Oui, mais ça manque singulièrement d'éclats de voix, de persiflage, de langues pointues et d'accents du terroir. C’est ben vrai, ça !
On nous a rendu la mère Denis, OK. Mais ça ne suffit pas. Afin qu’on puisse encore débiter nos saletés, de grâce, rouvrez les lavoirs !